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REN HAN SOLO EXHIBITION

Artiste: REN Han

16, place des Vosges 75004 Paris

DU 23 AU 31 MAI 2019 

OUVRT DU JEUDI AU DIMANCHE DE 11H à 19H

VERNISSAGE LE 25 MAI DE 15H À 22H

Une vue somptueuse et dépouillée de la terre, une technique minimaliste et un contraste éclatant entre le noir et le blanc, voilà la marque de fabrique de Ren Han. À première vue, les séries Montagne enneigée et Lune de l’artiste ont l'air de paysage grandioses et monumentales. Un examen rapproché de ces oeuvres permet de voir que l'image a été obtenue par l'accumulation de petits traits de crayon graphite. Cette accumulation a également donné naissance à la série Surfaces de miroir. Les œuvres de cette série sont composées chacune d'innombrables traits de crayon qui semblent jaillir d'un même centre. Ces traits se répandent jusqu'à remplir totalement l'espace à l'intérieur du contour qui est, lui, inspiré de miroirs de style baroque. Par leur matière, le graphite, ces traits noirs et gris scintillent et réfléchissent la lumière. En effet, l'artiste ne cherche pas à créer l'image ou la forme, il se contente de reproduire et transformer des images ready-made. Ses Montagnes enneigées ont été dessinées d'après des photos trouvées sur internet et selon leur échelle originelle. 

L'acte de dessiner est en lui-même une suite de mouvements physiques et un travail manuel. Si ces gestes de la main deviennent mécaniques, la «création» changera-t-elle de sens? Pour créer ses Lunes, sa série la plus récente, l'artiste a procédé à une suite d'opérations mécaniques concernant les images ready-made qu'il a choisies: découpage, copie, collage et assemblage. Il a ensuite reproduit les images ainsi composées avec un crayon fixé sur une scie sauteuse électrique, et cela, sur des feuilles de papier carbone. Le papier carbone est un moyen de duplication souvent utilisé avec un stylo ou une machine à écrire. Ren Han a trouvé un charme dans la monotonie des exemplaires et une simplicité. 

Un fil conducteur relie toutes les œuvres de Ren Han. C'est la réflexion sur le rapport entre le sublime et le profane. Aux yeux de l'artiste, ces deux qualités ne sont pas forcément incompatibles et peuvent coexister dans une même image. Dans ses Surfaces de Miroir, la lumière joue un rôle central et symbolise le sacré. Le contour, le format et la taille de ces surfaces suggèrent qu'il s'agit de miroirs de style baroque aux formes ondoyantes et richement décorés, et donc d'objets nobles. La densité de ces traits et leur disposition en rayons créent un effet de mouvement tantôt centripète tantôt centrifuge et trouble encore plus le jugement du spectateur. Au moment où celui-ci s'aperçoit du noir argenté réfléchissant du graphite et contemple, le miroir baroque, l'objet noble qu'il a reconnu au premier coup d'œil s'abolit. Avec l'accumulation machinale de traits de crayon graphite, l'artiste a ouvert un passage entre le sacré et le profane. Cette technique a permis de refléter à travers une même image deux mondes, deux physionomies. Elle est présente dans les différentes séries de création de l'artiste et révélatrice de son évolution.

Les œuvres de Ren Han peuvent être considérées comme une recherche méthodique sur la création artistique, l'image et l'expérience visuelle. Elles s'inscrivent dans la lignée des discussions autour de la consommation de la culture visuelle propre au temps d’internet. La technologie d'aujourd'hui a facilité non seulement la diffusion des savoirs, mais aussi la falsification des informations et leur circulation. Par conséquent, notre vie est inondée d'images truquées, faussées et détournées. Cela a bouleversé notre expérience visuelle et le sens de l'image. S'interroger sur ce bouleversement semble désormais impératif pour le monde de l'art contemporain.

À propos de l'artiste:

Ren Han est né en 1984 à Tianjin, Chine. Il vit et travaille à Paris. Ses œuvres ont été exposées dans des différents pays notamment au Moscow Museum of modern art (MMOMA), au centre culturel de l'Ambassade de Chine à Berlin, au Musée des Arts Asiatiques à Nice, au Today Art Museum et Taikang Space à Pékin et à l'Espace 104 à Paris. Il a gagné le « Prix Wang Shikuo » de Today Art Muséum à Beijing en 2017.